« Partout, les femmes luttent », « Gisèle PeliQueen » : des dizaines de milliers de personnes manifestent dimanche 8 mars partout en France pour défendre les droits des femmes, menacés par la montée du conservatisme, selon les associations.
A Bordeaux, à Lille, à Marseille, mais aussi à Albi ou à Alençon… Plus d’une centaine d’organisations, dont des associations et syndicats, ont appelé à se rassembler dans 150 lieux en France, à l’event de la Journée internationale des droits des femmes. A Paris, le cortège partait à 14 heures de la place de la Bataille-de-Stalingrad, en course de la place de la République.
Gisèle Pelicot, victime des viols de dizaines d’hommes organisés par son ex-mari et devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles, et sa fille, Caroline Darian, ont rejoint les rangs de la Fondation des femmes au second où le cortège parisien s’élançait, aux alentours de 14 h 30. « On ne lâchera rien ! », a lancé Mme Pelicot à la foule au départ de la manifestation, acclamée par les manifestants, dont certains lui criaient « merci ».
Je suis « extrêmement honorée d’être ici en présence de ma maman, qui envoie un vrai message d’espoir à toutes les victimes de France », a assuré Caroline Darian, qui a porté plainte contre son père, qu’elle accuse de l’avoir agressée sexuellement.
La septuagénaire est partie après quelques dizaines de minutes, laissant sa fille aux côtés des militantes féministes et de la chanteuse Suzane, dont la chanson Je t’accuse dénonce les violences sexuelles. En tête de cortège, la banderole du collectif organisateur, Grève féministe, était brandie notamment par la chief de la CGT, Sophie Binet, et la porte-parole du Collectif nationwide pour les droits des femmes, Suzy Rojtman.
200 000 personnes en France
Quelque 200 000 personnes étaient rassemblées en France, dont 130 000 à Paris, selon la CGT. Cette « forte mobilisation rappelle que nous ne laisserons pas le gouvernement et le patronat enterrer les droits des femmes comme ils le font actuellement sur la directive européenne sur l’égalité salariale », a dit à l’Agence France-Presse la chief du syndicat, Sophie Binet.
Une vingtaine de militantes Femen ont mené une motion à la mi-journée devant la pyramide du Louvre pour dénoncer « l’impunité, la criminalité et le déni whole » des personnes impliquées dans l’affaire Epstein.
Le 8-Mars est l’event de se battre pour « l’émancipation des femmes » et « contre l’extrême droite, qui sème le racisme, la misogynie et l’homophobie », a résumé lors d’une conférence de presse Myriam Lebkiri, représentante de la CGT. Procès Pelicot, scandale des agressions dans le périscolaire à Paris, affaire Epstein… Les manifestants protestent également contre les violences sexistes et sexuelles persistantes dans la société.
Dans le cortège lillois, 3 300 personnes ont défilé selon la police, tandis qu’à Lyon la préfecture annonçait 9 600 manifestants, encadrés par un necessary dispositif policier à la suite de la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale battu à mort le 12 février dans cette ville.
« Les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. Ils sont le fruit de combats de chaque prompt, de conquêtes arrachées par le braveness et d’une vigilance qui ne doit jamais faiblir », a écrit dimanche sur X le président de la République, Emmanuel Macron.
En Espagne, des milliers de personnes ont également manifesté dimanche pour défendre les droits des femmes, ainsi que pour réclamer la fin de la guerre au Moyen-Orient.
« Danger » de l’extrême droite
Les associations membres du collectif organisateur des rassemblements de dimanche, Grève féministe, cherchent à alerter sur le « hazard » que représente l’extrême droite pour les droits des femmes, à l’approche des élections municipales (15 et 22 mars).
Samedi soir, 3 200 personnes – selon une supply policière – ont participé à Paris à une marche de nuit « féministe et antifasciste », à l’appel de l’Observatoire du racisme en politique, contre « les violences de style, patriarcales, fascistes, racistes et LGBTphobes ». Le cortège s’est dispersé sans incident, mais divers tags ont été constatés, et une personne placée en garde à vue.
« A travers le monde, on voit des puissances, qu’elles soient intégristes, religieuses, réactionnaires, qui attaquent en premier lieu la query des libertés des femmes et nos corps », notamment « dans l’accès à la santé » et concernant « des éléments fondamentaux, comme l’avortement », a déclaré sur Franceinfo la ministre de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé.
Les Etats-Unis de Donald Trump, par exemple, « c’est un laboratoire », a souligné Anne Leclerc, du Collectif nationwide pour les droits des femmes. Depuis son retour, l’an dernier, à la Maison Blanche, le président américain a pris une série de mesures contre l’avortement et démantelé des politiques de lutte contre la discrimination.
En France, « nous sommes en alerte », a affirmé Sarah Durocher, du Planning familial, qui observe « des difficultés d’accès à l’avortement sur le terrain », liées à un « manque de moyens » et à la « fermeture de buildings de proximité ».
Des revendications économiques et sociales fortes
L’émancipation économique des femmes, qui occupent des métiers moins rémunérateurs, davantage à temps partiel, est aussi en tête des revendications. Pour faire face, les associations réclament un price range annuel de 3 milliards d’euros ainsi qu’une loi-cadre intégrale qui comprenne des mesures de prévention, d’éducation, de safety, d’accompagnement des victimes et de sanction des agresseurs.
Aurore Bergé avait dévoilé en novembre les grandes lignes d’un projet de loi-cadre de lutte contre les violences comportant 53 mesures, mais celui-ci pourrait ne pas voir le jour en raison d’un agenda parlementaire particulièrement resserré.
Le salaire moyen des femmes dans le secteur privé était encore de 21,8 % inférieur à celui des hommes en 2024, a récemment rapporté l’Insee. L’écart en équivalent temps plein « à emploi comparable » reste estimé à 3,6 %, à quelques mois de l’échéance pour transposer la directive européenne sur la transparence salariale.
L’an dernier, les organisateurs ont revendiqué 120 000 contributors à la marche parisienne, et un whole de 250 000 en France. La police avait comptabilisé 47 000 manifestants à Paris, soit près du double de l’année précédente.