pourquoi la poudrerie ne veut pas participer au projet mémoriel à Bergerac

pourquoi la poudrerie ne veut pas participer au projet mémoriel à Bergerac

Alors qu’il planche depuis trois ans sur l’histoire des travailleurs indochinois en Dordogne, et notamment sur le type réservé aux 4 000 Vietnamiens recrutés de power dans leur pays en 1939 et envoyés à Bergerac pour travailler à la poudrerie, le journaliste et historien Pierre Daum se heurte au silence quasi complet du groupe Eurenco et de son antenne bergeracoise.

Pierre Daum a sollicité Eurenco pour installer une exposition le long du mur d’enceinte de la poudrerie.


Pierre Daum a sollicité Eurenco pour installer une exposition le lengthy du mur d’enceinte de la poudrerie.

Capture d’écran Google Maps

Alors qu’il planche depuis trois ans sur l’histoire des travailleurs indochinois en Dordogne, et notamment sur le type réservé aux 4 000 Vietnamiens recrutés de power dans leur pays en 1939 et envoyés à Bergerac pour travailler à la poudrerie, le journaliste et historien Pierre Daum se heurte au silence quasi complet du groupe Eurenco et de son antenne bergeracoise.

Pierre Daum a sollicité Eurenco pour installer une exposition le long du mur d’enceinte de la poudrerie.


Pierre Daum a sollicité Eurenco pour installer une exposition le lengthy du mur d’enceinte de la poudrerie.

Capture d’écran Google Maps

Deux relances

Dans un mail adressé début février au directeur du website bergeracois, Pierre Daum proposait « une motion assez easy » avec « la mise en place d’une exposition de photographies géantes sur le mur d’enceinte de la poudrerie ».

L’historien imaginait qu’une trentaine de clichés, issus du fonds photographique exceptionnel laissé notamment par le photographe Robert Bondier et archivé par son petit-fils Michel Lecat, pourraient prendre place à cet endroit durant le mois de mai. Une prémisse idéale, alors que le Mémorial des travailleurs indochinois du Périgord doit être inauguré à Creysse, samedi 30 mai.

Dans sa missive, l’historien rappelle qu’entre 1940 et 1944, ces travailleurs « ont souffert du froid, de la faim, du pouvoir autoritaire et raciste des brokers français chargés de leur encadrement ».

Il souligne, archives à l’appui, que le taux de mortalité était quatre fois plus élevé que dans la inhabitants bergeracoise au sein des deux hangars où étaient internés les Indochinois. « J’ai retrouvé des archives où votre prédécesseur, Charles Garaud, refuse explicitement d’installer le chauffage dans les hangars des Indochinois », relève encore Pierre Daum, bien conscient que l’entreprise « n’est pas responsable aujourd’hui des souffrances de ces milliers d’hommes ». Mais d’estimer qu’une « participation symbolique au devoir de mémoire serait tout à fait pertinente ».

Il a fallu deux relances pour que le service communication d’Eurenco, à Bergerac, avance une réponse. Dans ce mail, daté du 13 mars, que « Sud Ouest » a pu lire, l’entreprise salue « la densité historique et la power symbolique » du travail mené par Pierre Daum et Michel Lecat.

« Toutefois, malgré l’intérêt que nous portons à cette initiative, nous nous heurtons à une contrainte juridique majeure. Le mur d’enceinte étant classé au titre des Monuments historiques, il est soumis à une réglementation de conservation extrêmement stricte », peut-on lire. Le service guarantee que la « législation interdit formellement d’apposer tout élément extérieur sur l’édifice ».

« Accidentogène »

Il n’en fallait pas davantage pour que le sang et la réactivité de Pierre Daum ne fassent qu’un tour. Tenace, l’homme a immédiatement pris contact avec le service de Conservation régionale des monuments historiques. Sa réponse, que « Sud Ouest » a pu consulter, est très claire : « Les murs d’enceinte de la poudrerie ne sont pas protégés au titre des Monuments historiques », mais identifiés comme « témoins de l’histoire industrielle », dans le règlement du Site patrimonial remarquable de Bergerac. En somme, il serait attainable d’apposer des éléments extérieurs en formulant une demande d’autorisation, sous la forme d’une déclaration préalable à la mairie. Autant d’éléments que Pierre Daum s’est empressé de transmettre à la course du website d’Eurenco à Bergerac, le 18 mars. Un mail resté sans réponse jusqu’au mercredi 15 avril.

« Les murs d’enceinte de la poudrerie ne sont pas protégés au titre des monuments historiques »

Autres contraintes

Alerté, le délégué CGT d’Eurenco, Jérémy Caillé, s’est lui-même fendu d’un mail au directeur du website, lundi 13 avril. Il y fait half de son incompréhension et de son « malaise ». Contacté mercredi 15 avril, le directeur du website Eurenco, à Bergerac, a fait valoir d’autres contraintes : « C’est un axe circulant, cela pourrait être accidentogène », affirme-t-il, estimant que le « contexte [NDLR : sécuritaire autour de ce site sensible] n’est pas favorable » à une exposition.

« Je suis scandalisé par la légèreté avec laquelle la course d’Eurenco traite cette affaire. Après avoir inventé un classement aux Monuments historiques qui n’existe pas, le directeur refuse de participer à l’hommage rendu à ces hommes sous prétexte de risque d’accidents qui seraient provoqués par l’accrochage de quelques pictures sur le boulevard des Poudriers ? Quelle honte ! », réagit l’historien.

Le mémorial sera installé sur une façade de la mairie de Creysse.


Le mémorial sera installé sur une façade de la mairie de Creysse.

Montage Michel Lecat / Galerie Bondier-Lecat

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