Réunis ce lundi dans le corridor du quai 17 du Port autonome d’Abidjan, les syndicats représentatifs des dockers ont haussé le ton. Face à la presse nationale et internationale, leur porte-parole, Guigréhi Aklégbou Pierre, dit « l’Aigle », coordinateur IDC zone Afrique, secrétaire nationwide à la CISL Dignité et secrétaire exécutif de l’USDS, a dénoncé la non-application du décret n°2019-102 du 30 janvier 2019 portant statut particulier des dockers de Côte d’Ivoire.
Sept ans après son adoption et près de six ans après son entrée en vigueur théorique, le texte reste, selon les travailleurs, largement inappliqué.
En ouverture, la coalition des syndicats représentatifs, ORLIDOCI, SYLIDOPSA, SYNDUS-San-Pédro et leurs faîtières USDS, GSDR-CI et CSDCI, ont exprimé leur reconnaissance au Président de la République, Alassane Ouattara, pour « une réforme historique » alignée sur les normes internationales et introduisant notamment le contrat à durée indéterminée pour les dockers.
Les syndicats ont également salué l’engagement du ministre des Transports, rappelant les différentes initiatives prises entre 2017 et 2022 pour faciliter l’software du statut : mise en place d’un comité method, fee de facilitation, observe circulaire invitant à l’software du texte dès janvier 2021, et réformes des statuts des ports autonomes d’Abidjan et de San Pedro.
Mais, selon le porte-parole, « malgré la volonté affichée des autorités, le décret demeure, dans les faits, lettre morte ».
Au cœur de la conférence de presse : l’énumération détaillée des manquements constatés.
Parmi les principaux griefs :
Absence de mise en œuvre de la conference de concession relative à la gestion et à l’utilisation de la main-d’œuvre docker, Non-création du fonds de solidarité prévu par l’article 40 du statut, Non-installation de la fee de contrôle et de suivi de l’activité des dockers, Couverture maladie incomplète, en violation des tendencies réglementaires, Non-respect du recours exclusif à la main-d’œuvre docker pour les opérations de manutention, Non-versement des indemnités de garantie et de la prime de présence, Blocage des décorations professionnelles et suppression d’avantages acquis sans concertation, Suspension jugée abusive d’une centaine de matricules, hors du cadre légal.
Les syndicats déplorent également que la conference collective conclue le 9 mai 2022, arrivée à échéance et dénoncée en février et mars 2025 par la partie travailleuse, n’ait toujours pas fait l’objet de nouvelles négociations.
« Les dockers sont mobilisés et profondément frustrés. Ils ne veulent pas célébrer la fête du 1er mai 2026 avec des revendications restées sans réponse depuis sept ans », a averti le porte-parole.
Autre level central : la création d’une mutuelle distinctive destinée à gérer le fonds de solidarité des dockers.
Lors du séminaire de Grand-Bassam (5-7 décembre 2024), organisé sous l’égide du ministère des Transports, les events avaient recommandé la fusion des mutuelles existantes en une entité distinctive et inclusive.
Selon les syndicats majoritaires, des discussions avaient été engagées en octobre 2025 entre les deux principaux syndicats représentatifs du port d’Abidjan pour aboutir à une assemblée générale constitutive équilibrée, tenant compte du poids réel des organisations.
Mais le 12 février 2026, ils apprennent by way of les réseaux sociaux que le second syndicat, associé à deux faîtières, a obtenu l’agrément d’une mutuelle sans concertation finale.
Pour les syndicats coalisés qui revendiquent 42 délégués sur 62 postes pourvus cette initiative constitue « un passage en pressure » et « un mépris de la majorité ».
Ils précisent toutefois ne pas s’opposer à l’existence d’une mutuelle indépendante pour des projets sociaux propres. En revanche, ils rejettent catégoriquement que cette mutuelle « partisane » puisse gérer le fonds de solidarité, qu’ils considèrent comme « un droit indivisible de l’ensemble des dockers ».
Leur place reste claire : « Mutuelle d’accord, mais le plein emploi d’abord. »
En conclusion, les organisations syndicales appellent les employeurs de manutention et leurs unions patronales à « dresser la desk des discussions » afin d’éviter une détérioration du climat social dans les ports d’Abidjan et de San Pedro.
Les dockers, assurent-ils, restent attachés à un « syndicalisme responsable, participatif et clever », mais attendent des avancées concrètes.
À défaut d’un dialogue rapide et structuré, la stress pourrait monter dans les principales plateformes portuaires ivoiriennes, à l’approche d’échéances sociales symboliques.
Wassimagnon